Héroïne
L'héroïne
L'histoire de L'héroïne commence il y a plus d'un siècle.
En 1874, un chimiste anglais opère une réaction chimique simple sur la morphine et synthétise ainsi un nouvelle substance, la diamorphine (nom pharmacologique de l'héroïne).
En 1898, H. Dreser, un chimiste allemand, affine le procédé de synthèse et fait des essais sur l'homme.
L'effet de la diamorphine se révele quatre fois plus puissant que celui de la morphine, car son action se concentre davantage sur le cerveau. Dreser presente d'emblée cette substance comme
efficace, d'administration aisée et ne provoquant pas de dépendance.
La diamorphine va rapidement remplacer la morphine comme médicament dans le traitement de la douleur, de la toux, de l'asthme, de l'insomnie, de la tuberculose et dans le traitement de
désintoxication des morphinomanes.
Cette efficacité lui vaudra le nom "d'héroïne"
L’héroïne est un opiacé (qui vient d’opium), obtenue à partir de la morphine: c’est ce qu’on appelle un dérivé.
La fabrication de la morphine débute par l'extraction de l'opium du pavot blanc.
Les trois principales zones de productions sont :
- Le «croissant d'or», l'Inde, le Pakistan, l'Afghanistan et l'Iran.
- Le «triangle d'or», Le Laos, la Birmanie et la Thaïlande.
- Le proche Orient, la Turquie et le Liban.
L’héroïne est une substance qui se prend, le plus souvent, par injection intraveineuse, dans le creux du bras. L'héroïne se présentant sous la forme d'une poudre ou de granulés à écraser peut être aussi prisée (sniffée) ou fumée.
Son absorption provoque chez l’individu une sensation de force, de tranquillité extrême, de quiétude, d’euphorie d’extase et l’absence de quelconques peur.
Cette substance agit de la même façon qu’un anxiolytique (ou antidépresseur) puissant . Lorsque l’effet de l’héroïne se disperse, l’héroïnomane passe d’un bonheur extrême à l’état de manque, provoquant sueurs, courbatures, tremblement, nausées, insomnies, angoisses et mal être.
Plus généralement, la prise de drogues suit un schéma à peu près similaire selon les différentes drogues :
Prise => Plaisir => Accoutumance => Nécessité de plus grandes doses.
Ce qui entraine, lors de l’absence de consommation, un phénomène de sevrage décrit comme ci dessous :
Absence de drogue => Sensation de manque => Symptômes cités plus haut.
L’héroïne fait peur par la rapidité de son potentiel de dépendance, parfois, des les premières prises (cependant on notera que l’héroïne tue environ dix fois moins que l’alcool). De plus, de nombreuses maladies graves sont transmise en même temps que l’injection de cette drogue: comme les septicémies, le sida ou encore les hépatites B et C, auxquelles on peut ajouter les morts par overdoses, ou par suicide.
Les overdoses à l'héroïne.
- Le sevrage ambulatoire, hospitalier ou forcé (prison, défaut d'approvisionnement) entraine la perte de la tolérance acquise par l'intoxication chronique. La reprise de la consommation aux doses
utilisées antérieurement peut provoquer une overdose.
- La pureté en principe actif des produits vendus sur le marché clandestin est variable ( par prudence, les
toxicomanes les plus anciens s'injectent la dose en plusieurs fois) ;
- Lors d'un transport illicite de drogue dans le tube digestif, le sachet d'héroïne peut
s'ouvrir.
- Le suicide plus ou moins volontaire.
L'overdose à l'héroïne provoque une dépression respiratoire souvent mortelle. Généralement provoquée par une consommation importante de produit, elle peut aussi survenir avec des doses relativement faibles, notamment lors d'une reprise de consommation après une période d'abstinence, elle peut aussi être du à une trop grande pureté de la poudre.
Ces maladies sont transmises par les relations sexuelles, ou par l’échange des matériaux servant à sa conception,
ou à son administration, parmi, lesquelles on comptera la cuillère, le filtre de coton ou la seringue.

Ces transmissions ont été accélérées par une loi de 1972 interdisant la vente libre des seringues et des
aiguilles. Ne pouvant s’en procurer dans le commerce, les héroïnomanes se partageaient ces ustensiles, le plus souvent mal, voir pas du tout stérilisé. En 1987, une loi abolie la précédente et
remet en vente libre les seringues et les aiguilles. Afin de pallier à ces propagation et de réduire les risques, d'autres mesures sont mises en place :
- A partir de 1995, la création de programmes d'échange de seringues (PES)
- La diffusion de kits de prévention (trousses contenant deux seringues et du matériel stérile) en pharmacie
et dans les PES
- L'installation de distributeurs automatiques de kits de prévention ;
- La création de "boutiques" qui offrent un espace de repos, une écoute sans jugement, des services
d'hygiène (douches, machines à laver), de la nourriture, orientent vers le soin et les services sociaux et distribuent du matériel d'injection stérile.
Ce dispositif de "boutiques", désormais reconnu par la loi de santé publique du 9 août 2004 sous l'appellation de "centres d'accueil et d'accompagnement à la réduction des risques pour usagers de drogues", vise à maintenir un lien avec un usager, souvent en situation de grande précarité, pour éviter les risques majeurs et orienter vers les services de soins.
Les compositions de l'héroïne sont différentes On peut donc différencier plusieurs types d'héroïne.
L'héroïne acétylée est un alcaloïde de demi-synthèse obtenu à partir de la morphine par chauffage à reflux avec de l'anhydride acétique en milieu sulfurique. Sa fabrication est bien entendu illicite mais ce procurer les matériaux est relativement facile et demande peu de matériel et quelques produits de base. Elle ne nécessite qu'un matériel très simple, flacons, ballons, cuvettes, mixer, et pompe à vide. En ce qui concerne les produits chimiques, seul l'anhydride acétique, dont le commerce est surveillé, pose certains problèmes d'approvisionnement aux trafiquants. Les autres produits, acétone, acide sulfurique, ammoniaque et noir animal, sont relativement faciles à se procurer. Faciles à installer, les "laboratoires clandestins" ne restent généralement en activité que peu de temps, et sont ensuite mis en sommeil pour quelque temps ou tout simplement déménagés.
L'héroïne dite «brown-sugar» est traditionnellement utilisée comme drogue à fumer. Il s'agit d'une substance granuleuse de couleur brune ou grise, ressemblant à s'y méprendre à de la litière pour chats. Elle est obtenue à partir de l'héroïne acétylée à laquelle sont ajoutés certains des éléments suivants : strychnine, quinine, scopolamine, aspirine et caféine. La teneur en héroïne de ce «brown-sugar» est de 30 et 35 %. Cette héroïne doit être normalement fumée, mais en Europe, les toxicomanes prirent l'habitude de la prendre par injection intraveineuse après l'avoir réduite en poudre et acétylée par adjonction de jus de citron.
L'héroïne sous forme de poudre blanche très fine et légère est obtenue en poussant un peu plus le raffinage de la morphine. Après acétylation, l'héroïne est ensuite chlorhydratée puis lavée de ses impuretés et blanchie par une procédure faisant appel au charbon de bois ou au noir animal. Purifiée à l'éther, elle est ensuite mise à sécher sur des plateaux contenant de la chaux. Cette héroïne, souvent très pure, nous parvient surtout des laboratoires du "Triangle d'or" (aux frontières de la Birmanie, du Laos et de la Thaïlande), mais aussi du Liban, de Syrie et, de plus en plus, du Pakistan. La couleur du produit, sa finesse ainsi que sa pureté dépendent du pays d'où elle est originaire ; elle est blanche en Thaïlande car très pure, blanche au Liban, brune ou beige en Syrie au Pakistan et en Iran.
Cette héroïne est plusieurs fois "coupée" avant son arrivée au niveau du toxicomane. Chaque échelon du trafic ou du "deal" augmente la quantité totale de poudre par adjonction de produits tels que lactose ou manicol ou talc, tout en faisant diminuer le taux de pureté et monter les prix. L'héroïne sort des laboratoires pure à 90%, la poudre qui sera injectée dans les veines de l'héroïnomane ne contiendra que 4 à 5% d'héroïne.
Une autre forme d'héroïne, appelée «Black Tar» (goudron noir), est apparue depuis peu sur le marché américain et s'étend rapidement. C'est une héroïne de couleur brune fabriquée au Mexique. La couleur et la consistance de cette héroïne résultent de sa fabrication grossière. L'héroïne «Black Tar» peut être collante, comme du goudron liquide dont on recouvre les toits ou dure comme du charbon et sa couleur peut varier du brun foncé au noir. Elle est souvent vendue dans la rue aux états Unis dans cet aspect ressemblant à du goudron et les impuretés peuvent atteindre 20 à 80 %. Cette héroïne est le plus souvent dissoute, diluée puis injectée. On ne trouve pas cette héroïne en France pour le moment.
La dépendance à l'héroïne est classé selon 4 stades.
Stade 1 :
C'est le stade l'initiation, du contact avec l'héroïne. La plupart des jeunes (90%) s'arrêteront à ce stade.
Stade 2 :
C'est celui des usagers occasionnel. Il n'y a ni conséquences physiques ni conséquences psychologiques (somatiques, dépendance, tolérance, etc..). A ce stade il est encore relativement aisé
d'interrompre sa consommation de stupéfiants avec un minimum d'effort et de moyens engagés.
Stade 3 :
Il caractérise les usagers habituels. La dépendance est installée :
- Modification des pôles d'intérêts anciens (abandon des études, débuts de la marginalisation avec entrée ou
non dans la petite délinquance) ;Réaménagement psychique progressif.
- Majoration des
quantités de drogues consommée et souvent changement du mode d'administration.
- Début de la gestion de la dépendance par le recours à d'autres substances.
- Activité délinquante (Vol, revente, trafic …)
- Le désir de sevrage.
Stade 4 :
C'est le stade de la toxicomanie avancée. Il s'agit souvent d'une polytoxicomanie et la dépendance physique et psychique est très prononcée. On constate une altération de l'état général somatique et une dégradation de l'état psychique.
Visé l'abstinence comme stade préalable de la prise en charge semble alors illusoire. Les traitements de substitution peuvent permettre de prodiguer des soins psychiques et somatiques souvent nécessaires, en passant initialement ou non par des «lits de crise» dont l'un des objectifs est d'éviter l'effondrement des individus.
Lorsqu'un héroïnomane décide de se sevrer seul, il n'y arrivera que très rarement, tant le pouvoir addictif de l'héroïne est puissant. L'aide d'un médecin est indispensable pour pouvoir «décrocher» de cette drogue, le professionnel peut ainsi donner des médicaments dits palliatifs.
Un usager d'héroïne en sevrage passe par de nombreux critères diagnostiques, ce qui permet au médecin de pouvoir faire une estimation du temps de sevrage de l'individu.
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Grade |
Signes cliniques |
Chronologie |
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0 |
Appétence aux opiacés |
6 à 8 heures après la dernière prise d'héroïne. |
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1 |
Hypersudation Larmoiement Irritabilité
Hypersialorrhée |
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2 |
Pilo-Érection Frissons avec tremblements Sensation de chaud et de froid Anorexie Malaise généralement Anxiété croissante
Syndrome pseudo-grippal |
12 heures après. |
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3 |
Nausées Douleurs abdominales Spasme musculaire Polypnée Tachycardie
Agitation dans un contexte d'irritabilité |
Après 24 heures à 48 heures d'abstinence. |
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4 |
Douleurs abdominales (coliques et intestinales) spasmodiques Diarrhées Vomissement
Prolongement de l'insomnie |