Les jeux vidéos
L’addiction aux jeux vidéos
Accro aux jeux vidéo.
Il n’existe pas une semaine sans qu’un grand média, un périodique ou une
émission de télévision, ne publie un sujet sur le thème « accro aux jeux vidéo ? ». Les journalistes, friands de « problèmes de société », exploitent à satiété l’expression car elle évoque une
réalité vécue par des parents inquiets de voir leur enfant les yeux rivés pendant des heures sur un écran.
Cette expression condense de façon syncrétique des comportements très différents de joueurs et laissent penser que les jeux vidéo, par essence, seraient comparables à des drogues entraînant une addiction. Mais, qu’en est-il réellement ?
Les jeux vidéos
Les jeux vidéos sont un monde à part où les adolescents trouvent refuge. En effet, nombres d’adolescents ou d’adultes se mettent à jouer aux jeux afin d’échapper à la vie réelle qui ne leur apporte pas la satisfaction souhaitée. Ces personnes sont de plus en plus nombreuses dans le monde avec l’évolution de ces jeux qui sont toujours plus réalistes et apportent de plus en plus de possibilités aux joueurs.
Pour les adolescents, de nombreux psychologues affirment que les jeux sont le nouveau lieu où ces enfants font leurs crises d’adolescence. Pour eux ce monde virtuel est l’équivalent des terrains vagues où les générations précédentes ont fait leurs crises.
Dans ces mondes virtuels, les ados trouvent du respect, de la reconnaissance ou tout simplement un univers où leurs parents sont absents.
De plus il existe de nombreux styles d’univers différents dans le principe.
Les différents univers les plus connus sont :
- Les RPG ( Role Playing Games ) : ce sont des jeux où le joueur prend la place
d’un personnage dans un univers qui paraît sans limite. Le joueur à plusieurs missions à effectuer ce qui lui rapporte la considération des personnages fictifs de ce
monde.

Exemples : Diablo, Fable,
- Les FPS (First Personal Shooter) : ce sont des jeux où le joueur incarne un personnage fictif avec un arsenal d’armes le plus souvent impressionnant. Le but de ces jeux est le plus souvent de tuer tous les personnages ennemis dans une zone donnée. Ce genre de jeux apportent au joueur la considération des personnages fictifs mais aussi celle de ses amis qui possèdent le même jeu.
Exemples : Counter strike, Wolfenstein …

- Les jeux de stratégies : ce sont des jeux où le joueur incarne un leader qui organise sa société économiquement et militairement. L’objectif du joueur est le plus souvent de détruire une cité adverse ou d’avoir la meilleure économie. Exemples : Warcraft, Age of empire

Il existe bien d’autres mondes virtuels qui permettent aux adolescents de s’échapper du monde réel. Cette grande diversité de monde virtuel est l’une des raisons de cette attirance des jeunes pour les jeux vidéos.
A) Les effets psychologiques
Tout d'abord regardons ce qu'un psychologue nous dit sur ses effets:
-Le Site des lycéens : Qu’entendez-vous par addiction aux jeux vidéo ?
Docteur Marc Valleur : Il faut d’abord définir la dépendance. La vraie addiction, c’est quand la conduite empiète sur le reste de l’existence au point de devenir une source de souffrance. On est sûr qu’il y a dépendance quand les gens concernés veulent arrêter mais n’arrivent pas à le faire seul.
-LSL : Quels sont les symptômes de cette dépendance ?
Dr Valleur : Chez les jeunes, il y a un problème d’investissement par rapport à la famille, aux amis et au travail scolaire. Tout ce qui ne touche pas au jeu ne les intéresse plus.
-LSL : Au bout de combien d’heures passées à jouer devient-on un accro ?
Dr Valleur : Pour le moment, nous n’avons pas de norme. Il y a des gens qui jouent énormément et à qui cela ne pose aucun problème. Il faut faire la distinction entre "hard gamer", joueur dur et joueur dépendant. Il y a des joueurs durs qui sont très contents d’être joueur !
LSL : Cette dépendance est-elle comparable à une toxicomanie ?
Dr Valleur : D’une certaine manière, oui. C’est parce que cela procure du plaisir, calme des angoisses ou que c’est rassurant par rapport à un contexte que cela rappelle les toxicomanies. Les mécanismes sont les mêmes. On devient dépendant des drogues pour les mêmes raisons. Plus les jeux procurent des sensations fortes, plus on se rapproche des mécanismes cérébraux qui interviennent dans les dépendances aux drogues. En jouant à des jeux comme "Counter Strike", aux FPS – First Player Shooter, jeux de tir à la première personne – on a des décharges d’adrénaline très forte. On doit tirer sans arrêt et comme il y a une concentration importante et une identification au personnage, le jeu procure des sensations intenses.
LSL : Quels sont les jeux qui favorisent les addictions ?
Dr Valleur : Il y a deux catégories auxquelles les joueurs s’accrochent. La première : les FPS, dont on vient de parler, qui se joue en réseau et sur Internet (Doom, Quake, Unreal tournament et le plus répandu Counter Strike). Les parties sont brèves mais les joueurs s’accrochent et veulent être les meilleurs. Ils peuvent pratiquer de 3 à 10 heures par jour. La seconde catégorie est constituée par les jeux d’aventure en univers persistant. Les Américains appellent cela les MUDS, jeux de donjon multi joueurs. Ce sont des jeux d’aventures dans lesquels le joueur est représenté par un avatar. Le premier a été Everquest, le plus joué est DAOC, Dark Age of Camelot. Dans ces jeux, il faut souvent choisir sa race, son métier… Le personnage gagne des points de force et d’habilité au fur et à mesure de ses aventures. Il y a deux sortes de mission : les actions contre des ennemis informatiques, contre le programme, et des actions contre d’autres joueurs sur Internet ou en réseau. Les joueurs se regroupent en guilde. Ils passent leur temps entre les jeux et les forums qui y sont liés. Ils discutent avec les autres membres de la guilde sur les stratégies à adopter.
LSL : Le problème concerne combien de personnes ?
Dr Valleur : C’est très difficile à savoir. Certains sites américains avancent le chiffre de 10% des joueurs. Cela me paraît exagéré. Je pense qu’on arrive à
des chiffres de 1 à 3% parmi les internautes joueurs.
LSL : Comment soigne-t-on les accros aux jeux vidéo ?
Dr Valleur : On soigne par la psychothérapie. On reçoit les gens, on leur parle, on les écoute. Ils peuvent dire ce qu’ils trouvent intéressant dans les jeux,
on va alors parler assez vite de ce qui peut leur faire peur dans le reste de l’existence. On peut se fixer des objectifs : il ne s’agit pas forcément de l’arrêt complet du jeu mais de jeu
contrôlé afin que cela ne soit pas handicapant pour le reste de l’existence.
LSL : Peut-on en sortir facilement ?
Dr Valleur : Oui, ce n’est pas une toxicomanie dure. Les gens arrivent à bouger assez facilement. Mais cela dépend à la fois des difficultés psychologiques du
sujet et de l’environnement familial.
LSL : Faut-il modifier certains jeux pour les rendre moins addictifs ?
Dr Valleur : J’en ai discuté récemment avec le Président du Syndicat des Editeurs de Logiciels de Loisirs. Pour le moment, nous ne sommes pas sûr que l'on
puisse faire des jeux moins addictifs, on ne sait pas sur quelle propriété du jeu il faut travailler. On pourrait réfléchir à des jeux qui seraient moins dépendants du temps, des jeux où l’on
progresserait aussi vite, que l’on joue 1 ou 10 heures. C’est une des pistes de recherche…
Maintenant observons ce que nous dit un ancien addict aux jeux vidéos
Quand vous êtes vous rendu compte que vous étiez addict aux jeux vidéos ?
- Je m’en suis rendu compte grâce à mes parents qui m’ont mis face à la réalité deux mois après que je sois devenu addict.
Pensez vous que sans cette intervention extérieure vous ne vous en seriez rendu compte ?
- Oui je pense mais pas aussi rapidement que ça ne l’a été avec eux.
Quels ont été les symptômes physiques que vous ressentiez pendant cette période ?
- Je ressentais une fatigue perpétuelle, j’avais les yeux qui me faisaient souvent mal et j’étais atteint d’insomnies.
Et psychologiquement comment vous sentiez vous ?
- J’étais en train de tomber en dépression, je voyais tout négativement, je délaissais mes études, et j’étais très désagréable avec mon entourage.
Comment êtes vous sortis de cet état addictif ?
- J’ai fait une sorte de cure pendant plusieurs mois je n’ai pas touché à mon ordinateur.
Ca a été dur mais au final je suis sorti de cet état et je me sentais beaucoup mieux.
Et avez vous fait des rechutes après cette cure ?
- Non aucune, après cette cure mon problème a été résolu.
Voyons ce que nous dit une emission sur ce sujet :
L'emission infrarouge, présente la cyber addiction sous une vision différente de celle habituellement démontrée par de nombreux psychologues.
En effet, au niveau des jeunes (considérés comme le premier foyer de cyber addiction) ce programme présente ce passage chez les adolescents comme (pour la plupart le passage de la crise d’adolescence.
Les psychologues en accord avec cette présentation des faits s’appuient sur le fait que les adolescents ont besoin d’un endroit où leurs parents sont absents pour faire leur crise, or le monde des jeux vidéos et d’Internet sont surtout connus des jeunes. Cet endroit virtuel est donc comparé aux terrains vagues ou les parents de ces jeunes ont fait leur propre crise.
Selon les psychologues l’ordinateur est un monde où les adolescents deviennent importants par les responsabilités virtuelles qui leurs sont données, ce qui pousse ces jeunes à y aller de plus en plus souvent pour trouver une importance et/ou une reconnaissance qu’ils ne possèdent pas dans la vie réelle.
Les effets psychologiques
Ces documents nous montrent que les effets psychologiques de l’addiction aux jeux vidéos sont nombreux. En effet nous pouvons observer de nombreux symptômes tels que la désocialisation progressive ou encore la confusion entre le réel et le virtuel.
A) La désocialisation :
Ce phénomène psychologique est le plus présent lors de ce genre d’addiction et se déroule progressivement, en même temps que l’envie de jouer augmente, les symptômes de désocialisation se multiplient. Elle se manifeste, au début, par une perte d’enthousiasme progressive de la personne addict, et ensuite, le joueur abandonne petit a petit sa situation professionnel au profit de son addiction, enfin, la dernière étape de désocialisation est la perte de la vie sociale réel.
- L’enthousiasme :
Ce premier symptôme est créé par le fait que le joueur se sent mieux dans l’univers virtuel de son jeux vidéos plutôt que dans la vie réelle. En effet, le joueur, étant mieux dans son monde virtuel, perd toute joie à vivre dans le monde réel et préfère se réfugier dans un monde qui contient ce qu’il cherche.
- Abandon d'une situation professionnelle :
Ce second symptôme est un prolongement du premier. En effet, le joueur, afin de passer un maximum de temps dans le monde qui lui apporte la reconnaissance et l’admiration cherchée, abandonne petit à petit ses études ou son travail pour « vivre » la vie qu’il s’est virtuellement créée.
- Perte de vie sociale :
La dernière phase de la désocialisation est la perte progressive de la vie sociale. Cette dernière étape est créée par l’envie croissante du joueur à passer du temps dans son monde virtuel. En effet, après avoir perdu sa vie professionnel, le joueur, ayant besoin d’augmenter son temps de jeux, commence à privilégier le jeux à sa vie amicale et familiale.
B) La confusion entre réel et virtuel :
Ce deuxième phénomène est moins présent lors de ce genre d’addiction mais est beaucoup plus dangereux en finalité. Ce phénomène se déroule en trois étapes progressives vers une perte de la réalité. En premier, il y a une phase anodine qui est présente lors de la plupart des addictions aux jeux vidéos, qui est un moment où le joueur se retrouve à ne parler et à ne penser qu’à son monde virtuel avec son entourage social, qui est la majeur partie du temps un groupe d’autres joueurs. Ensuite, nous pouvons remarquer une phase, qui se produit simultanément avec la phase de perte de vie sociale de la désocialisation, qui est un moment où le joueur se recrée une vie sociale uniquement dans son monde virtuel. Et enfin, nous pouvons voir une phase où le joueur, passant la majorité de son temps sur son univers virtuel, confond la réalité avec le monde virtuel
- Première phase
Ce premier passage vers la perte de la réalité ce produit du fait que le joueur est omnubilé par l’univers auquel il participe, et donc, sa vie sociale extérieure s’organise autour de ce jeu. Il commence par chercher des personnes jouant dans le même monde virtuel que lui afin de partager avec d’autres joueurs et pour se sentir apprécié puis, il organise des moments de jeux avec ce groupe .
- Deuxième phase
Le deuxième passage vers la perte de la réalité est crée par la perte de ce groupe d’amis qui était le seul rattachement à la vie sociale. En effet , la perte de ce groupe ou sa simple inexistence, fait que le joueur se crée une vie sociale virtuelle afin de pouvoir se sentir respecté et apprécié.
- Troisième phase
Cette dernière phase vers la perte de la réalité est due au fait que le joueur s’est recréé une vie complète à l’intérieur de ce monde virtuel et qu’il passe la majorité de son temps dans cet univers. Ainsi, le joueur croit que sa véritable vie est celle qui ce déroule sur console et donc, il se met à croire que les pouvoirs du personnage qu’il incarne sont les siens.
Ce développement sur les différents symptomes psychologiques provoqués par l’addiction aux jeux vidéos nous montre donc que cette addiction sans substance réagit d’une manière identique ( psychologiquement ) à certaines addictions avec substances.
Les effets physiques
Le circuit du plaisir :
Ce circuit est un système mis en place par notre organisme afin de ressentir du plaisir. Cette machine du plaisir réagit en fonction de l’action que l’ont fait, avec notre cerveau afin de savoir si l’action accomplie est provocatrice de plaisir ou non. Ce procédé explique donc pourquoi nous ne ressentons pas tous du plaisir aux mêmes actions.
Le fonctionnement de ce mécanisme est le suivant :
Tout d’abord, le système se déclenche lorsque le cerveau capte une action procuratrice de plaisir que le corps est en train d’accomplir. Ensuite, le cerveau ordonne la création d’hormones du plaisir, les endorphines. Ces hormones vont, après avoir été créées par le cerveau, se fixer entre les connexions nerveuses, afin de transmettre le message à tout l’organisme.
Lors d’une addiction aux mondes virtuels, ce système est très usité. En effet, le circuit du plaisir est la réponse à la majorité des symptômes physiques de cette addiction. Ces symptômes sont l’insomnie, la pertes de vue , la fatigue extrême, la perte de notion du temps et les crises de nerfs.
A) Les symptômes du au circuit du plaisir
- Insomnie :
L’insomnie est l’un des symptômes les plus récurrents chez le joueur addict. Elle est créée par le fait que le cerveau à assimilés le fait de jouer comme une source de plaisir. En effet, lorsque cela se produit, le cerveau produit des endorphines lorsque la personne addict joue, et, ce mécanisme débute, l’apport en endorphine diminue au fur et à mesure que le temps passe et que le joueur passe du temps à jouer. Ainsi, le joueur a besoin de jouer de plus en plus pour recevoir la même dose d’endorphine et donc, lorsque le joueur essaye de dormir, son cerveau l’en empêche tant qu’il n’a pas assouvit le besoin en endorphines.
- Crises de nerfs :
La crise de nerfs est dans le prolongement de l’insomnie. En effet, ce symptôme est dû à une période où la personne addict essaye d’arrêter de jouer par le sevrage ou lorsqu’il est dans l’impossibilité de jouer après une longue période de jeux. Elle se déclare lorsque le joueur se situe dans une phase où il a perdu sa vie sociale afin de jouer, et qu’il se retrouve dans l’impossibilité de le faire.
B) Les symptômes dus au manque de sommeil
- Perte de vue :
Ce symptôme physique se déclare par le fait que le joueur passe énormément de temps devant un écran, ce qui fragilise ses yeux, il est aussi dû au manque de repos des yeux, nécessaire à ce que la pression de l’œil diminue. L’addition de l’écran et du manque de sommeil provoque la baisse de la vue du joueur à long terme.
- Fatigue extrême :
L’état de fatigue extrême est provoquée par le fait que le joueur a besoin de jouer énormément et donc, il se déclare dans une phase ou le joueur à perdu sa vie sociale. Ce symptôme est dû au manque de sommeil qu’entraîne cette addiction. Elle se manifeste par le fait que le joueur a énormément de mal à se réveiller lorsque ses insomnies ne l’empêche pas de le faire, mais aussi par le fait que la personne addict n’arrive plus à se concentrer .
- Perte de notion du temps :
Cette perte de notion du temps est en lien directe avec la fatigue extrême. En effet, ce symptôme est provoqué par le fait que le joueur n’arrive plus à se concentrer. Mais, nous pouvons aussi remarquer que ce symptôme est dû au fait que lorsque le joueur joue il perd cette notion .
Ce développement sur les différents symptômes physiques dû à une addiction aux jeux vidéos nous permet d’affirmer que l’addiction aux jeux vidéos a un fonctionnement similaire (physiquement) à certaines drogues avec substances.
Après avoir développé ce sujet nous pouvons voir que l’addiction aux jeux vidéos réagit comme les autres addictions hormis le fait qu’elle ne possède pas de substance, nous pouvons la considérer comme une addiction comme les autres, tout aussi dangereuse et difficile à soigner que la toxicomanie même si elle s’effectue sur un temps plus long et que les cas sérieux sont moins nombreux.
Comme la plupart des addictions, le seul moyen de guérir cette addiction est la diminution des doses et le sevrage.